Retour d’expérience des membres de Kiné Garde Nîmes

Aux origines de Kiné Garde

Dans cet entretien, Emmanuel Nicolas revient sur la naissance et la structuration de Kiné Garde.
De la première garde informelle des années 1990 à la relance officielle en 2000, il retrace les étapes clés qui ont façonné l’association et posé les bases de son engagement en kinésithérapie respiratoire pédiatrique.

Luc Dardonville :
« Tu m’as proposé d’intégrer Kinegarde en 2000. Depuis quand existe l’association ? »

Emmanuel Nicolas :
« En 1991, quand je suis arrivé à Nîmes, Kinegarde existait déjà. Il y avait notamment Dominique Reche à Saint-Quentin-la-Poterie, Jean-Philippe Rodeau, Carole Prigent, Deschamps, Pierre… C’était une petite garde fermée, avec peu d’activité, où l’on se confiait les patients entre nous.
L’association ne faisait que de la kinésithérapie respiratoire, y compris chez l’adulte. Elle a été dissoute avant 2000.

En 2000, Hubert Pallier m’a proposé de remonter l’association. L’idée était de créer quelque chose de plus structuré, plus formel, avec des statuts, en étant réellement de garde, et en lien avec les pédiatres, centré sur les enfants, en lien avec le CHU de Nîmes.

Hubert a été président, j’ai été secrétaire, puis je suis devenu président après 2004.

Un courrier a été adressé à tous les pédiatres pour les informer, ainsi qu’au CHU, afin d’être référencés auprès du SAMU comme structure de permanence de soins en kinésithérapie respiratoire pédiatrique. Nous avons même rencontré le directeur de la Sécurité sociale pour demander un dépassement d’honoraires sur ce dispositif, mais cela nous a été refusé.

Petit à petit, nous avons recruté davantage de membres : David, les Sophie, puis Michel Cortès nous a rejoints quelque temps avant de créer son propre cabinet spécialisé en kinésithérapie respiratoire.

Nous avons organisé plusieurs formations : Postiaux en 2007, avec une conférence à Vatel, puis une formation au CHU, et plus tard en lien avec l’Aker Bréheret. Nous avons également mis en place une formation aux premiers secours.

Cela a été une belle aventure. L’activité était soutenue, notamment les week-ends de garde, à Noël ou au Nouvel An. Il arrivait que nous devions mobiliser un deuxième kinésithérapeute tant la demande était importante.

À cette époque, le principe de la garde reposait sur une valise que l’on se transmettait chaque semaine. Elle contenait le téléphone de garde, un stéthoscope, un saturomètre, un peak-flow, de la Ventoline, de la Bécotide, un Babyhaler, ainsi que les documents pour les statistiques de l’association.

Chaque membre signait une charte engageant à utiliser des méthodes communes actualisées selon les données scientifiques, adaptées à la kinésithérapie respiratoire pédiatrique. Il s’engageait également à suivre des formations communes afin d’assurer une harmonisation des pratiques.

Ce qui a freiné la garde, c’est la remise en question des techniques de Postiaux par un chercheur nordique, estimant que la kinésithérapie n’avait aucun intérêt dans la bronchiolite. Postiaux a alors relancé des études et a démontré l’efficacité de ces techniques. »

Luc Dardonville :
Merci Emmanuel pour ce témoignage précieux. Ton engagement et le travail que tu as mené pour structurer Kiné Garde constituent un socle solide sur lequel nous continuons aujourd’hui à avancer, fidèles à l’esprit et aux valeurs que vous avez portés dès le départ.

Le président de l’association, Luc Dardonville, témoigne :

« Je crois que chaque nourrisson et chaque famille mérite de pouvoir bénéficier d’un suivi et d’un soutien adaptés sur le plan respiratoire, afin d’aider l’enfant quand il en a besoin, que ce soit par des actions thérapeutiques de désencombrement ou par de l’éducation thérapeutique autour des soins à mettre en œuvre. Cela permet ensuite aux parents de retrouver de la sérénité face aux troubles du sommeil, fréquents dans les infections respiratoires, ainsi que de réduire l’anxiété néfaste que ces situations peuvent générer. »

« De nombreux kinésithérapeutes se sont formés et ont assuré des soins de rééducation respiratoire au cours des 30 dernières années, en s’organisant pour garantir la continuité des soins sur tout le territoire. Malheureusement, le parcours de soins des nourrissons atteints d’infections respiratoires est aujourd’hui désorganisé, faute de prise en compte de ce travail réalisé par les kinésithérapeutes depuis plus de 30 ans : désencombrement des voies aériennes inférieures (bronches et bronchioles), éducation thérapeutique des parents (désobstruction nasale, alimentation en cas de difficulté respiratoire, utilisation d’un aérosol-doseur, gestes barrières pour éviter les réinfections), ainsi que soutien psychologique aux familles face à une angoisse majeure dont on connaît les effets délétères sur le développement de l’enfant.

Le développement et l’élargissement récents de la « vaccination-protection » par anticorps permettent, selon les études, d’éviter de nombreuses hospitalisations de nourrissons pour bronchiolite, et cela constitue un progrès important. Cependant, cela n’organise pas pour autant le parcours de soins de tous les nourrissons touchés par les infections à VRS : beaucoup restent les oubliés du suivi. Le message des recommandations 2019 de la HAS a été très mal relayé.

Nous voyons aujourd’hui trop souvent des nourrissons après trois semaines de difficultés et de manque de sommeil, alors que parfois une à trois séances de désencombrement effectuées au bon moment redonnent à l’enfant — et à sa famille — la tranquillité. »

Témoignage d’un des membres :

« En tant que kinésithérapeute spécialisé dans la prise en charge respiratoire du nourrisson, j’accorde une attention particulière à chaque bébé et à chaque famille.
Je propose des rendez-vous rapides, y compris le week-end en période hivernale, lorsque la situation l’exige et sur ordonnance, afin de soulager rapidement les tout-petits.

J’utilise des techniques de désencombrement douces et adaptées, tout en accompagnant les parents avec des conseils pratiques pour gérer les symptômes à domicile.

Lorsque cela est nécessaire, je recommande un point intermédiaire avec le médecin pour assurer un suivi optimal.

L’association Kiné Garde Nîmes, créée en 2000, regroupe 13 kinésithérapeutes libéraux nîmois formés aux méthodes modernes de la kinésithérapie respiratoire pédiatrique.

Elle permet une prise en charge efficace de la bronchiolite ainsi que d’autres affections respiratoires hivernales chez les enfants de 0 à 2 ans.
Je mets tout en œuvre pour offrir une prise en charge bienveillante, sécurisante et pleinement adaptée au rythme du nourrisson. »